hum tum
L'histoire...
Prya (Rani Mukherjee) et Karan (Saif Ali Khan) n'ont rien en commun ! Prya est aussi sérieuse que Karan est insouciant, l'une croit à l'amour et l'autre au plaisir, l'une construit et l'autre papillonne, à 20 ans Prya est déjà très adulte, dix ans plus tard Karan reste un éternel gamin. Il en a d'ailleurs fait son gagne-pain avec une adorable BD baptisée "Hum Tum" (Moi Toi), dans laquelle deux enfants jouent à se disputer sur le thème "pourquoi les garçons ne sont pas comme les filles".
D'Amsterdam à New York, de Delhi à Paris puis à Bombay, Prya et Karan se rencontrent, se disputent, se perdent et se retrouvent, à chaque fois plus proches l'un de l'autre. Mais toujours chien et chat...
Hum Tum est une jolie comédie pleine d'humour, où on sourit souvent. Et au-delà de la comédie, ce film apporte une réflexion pleine d'humanité et de tendresse sur la difficulté de communiquer entre homme et femme dans un monde qui n'est plus gouverné par la tradition et les règles mais par les personnalités et les désirs de chacun.
Le couple formé par les parents de Karan représente ce nouveau mode de vie : le père (Rishi Kapoor) vit séparé de sa femme, il a littéralement fui sa vie de couple des années auparavant. Miroirs l'un de l'autre, le père et le fils vont se retrouver, apprendre à comprendre leurs errements.
Hum Tum est ouvertement actuel : son thème, sa vision de la famille, mais aussi sa musique, ses séquences de BD qui rythment toute la première partie, la liberté de ton, d'acte et de parole de ses personnages. Pourtant les références à la tradition jalonnent soigneusement le film, le mariage arrangé est encore d'actualité, la notion d'engagement est glorifié (avec notamment une cérémonie de mariage radieuse très joliment filmée), les puja maternelles protègent encore les enfants au loin, et "mai shaayar to nahi" est toujours un best seller (et une scène à regarder en boucle pour les fans de Bobby)
Rani Mukherjee est une Prya attachante, et si belle ! Kunal Kohli le réalisateur, a su mettre son teint doré en valeur comme aucun autre réalisateur. Elle sait montrer aussi bien la détermination de la jeune fille sûre d'elle-même, la tristesse de la jeune femme frappée par le sort, la blessure de la femme amoureuse.
Saif Ali Khan est charmeur et tête à claque, surtout avec son "Tom Cruise look" qui marque d'un grand éclat de rire une de leurs rencontres. Il sait cependant abandonner ses gamineries pour nous émouvoir d'un regard dans ses face à face avec Rani.
Seul petit défaut de Hum Tum : Paris ! une partie du film est sensée se passer à Paris, alors qu'il s 'agit de la Hollande, ce qui est un peu difficile à "encaisser" pour des Français, mais doit beaucoup moins gêner les autres spectateurs.
Et la musique ? certains vont aimer ces rythmes de Jatin-Lalit, très enlevés, aux refrains entraînants et entêtants, rafraîchissants, qui donnent envie de les reprendre en ch½ur. D'autres seront déçus par des mélodies plus occidentales qu'indiennes, des "airs à consommer tout de suite", imprégnés des courants à la mode. Au crédit du film, les chansons s'intègrent très bien à l'histoire et même en renforcent le sens (d'ailleurs les chansons sont sous-titrées). On retiendra "Larki kyon" avec les voix de Rani et Saif qui se disputent entre deux phrases musicales et nous emmènent faire le tour d'Amsterdam, c'est touristique, drôle et bien rythmé. "Gore Gore" est la seule scène de danse chorégraphiée : en pleins préparatifs de fiançailles, Rani et ses amies en font voir de toutes les couleurs à ce pauvre Saif (qui ne demande que ça). "Hum Tum" est le plus romantique des clips, une mélodie douce, sous la pluie, où Rani se voit avec Saif dans les amoureux croisés qui symbolisent les périodes de la vie du couple : engagement, maternité, maturité... Pour finir avec "U and I" sur le générique, mi hindi mi english, conçue visiblement pour la cible des ados.
Hum Tum, un des meilleurs films Bollywood de l'année 2004, est un vrai film du samedi soir, à voir quand on a envie de se détendre, de rêver et de sourire avec deux des meilleurs acteurs de leur génération.